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Votre surplus vaut 1,1 centime. Ce qu’il faut en faire, et ce que ça coûte vraiment.

Depuis juin 2026, votre surplus solaire est racheté 1,1 c€/kWh. Routeur, ballon, batterie ou voiture : ce qui rapporte vraiment, chiffres à l'appui.

Routeur solaire installé sur rail DIN dans un tableau électrique domestique français, pince ampèremétrique posée sur le câble de phase, illustrant le pilotage du surplus photovoltaïque vers le ballon d'eau chaude

Depuis le 5 juin 2026, l’électricité que vous injectez sur le réseau vous est rachetée 1,1 centime le kilowattheure. Pas 10 centimes. Pas 4. Un virgule un.

Si vous avez des panneaux, vous avez fait le calcul : le surplus qui part chez EDF ne paie plus rien. La question qui suit est légitime, et c’est celle que des milliers de propriétaires se posent depuis un mois : qu’est-ce que j’en fais, alors ?

Il existe quatre réponses sérieuses — un routeur, un ballon d’eau chaude, une voiture électrique, une batterie. Elles n’ont ni le même prix, ni le même rendement. Voici ce que chacune vaut réellement, les incompatibilités que les vendeurs oublient de mentionner, et un piège fiscal à 1 600 €.

Pourquoi votre surplus ne vaut plus que 1,1 centime

Rappel rapide, parce que tout le reste en découle. L’arrêté du 1er juin 2026, applicable depuis le 5, a réformé le soutien au photovoltaïque résidentiel — c’est ce qu’on appelle le tarif S21. Deux changements majeurs : la prime à l’autoconsommation est supprimée, et le tarif de rachat du surplus tombe à 1,1 c€/kWh HT.

Pendant ce temps, le kWh que vous achetez à votre fournisseur vous coûte environ 0,194 €. Faites le rapport : un kWh consommé chez vous vaut à peu près 18 fois un kWh injecté sur le réseau.

C’est tout le sujet de cet article. Avant la réforme, l’écart existait déjà mais restait supportable — on pouvait laisser filer son surplus sans trop y penser. Aujourd’hui, chaque kWh qui part sur le réseau est un kWh que vous bradez. Optimiser son autoconsommation n’est plus une coquetterie d’ingénieur : c’est devenu le seul levier de rentabilité du solaire résidentiel. Pour le mécanisme complet, voir la logique de l’autoconsommation.

Le routeur solaire : le meilleur rapport économies/prix du moment

C’est la réponse la plus simple, la moins chère, et de loin la plus rentable. Sans surprise, c’est aussi celle dont on parle le moins : il n’y a pas grand-chose à vendre autour.

Comment ça marche

Un routeur solaire est un boîtier qui se place dans votre tableau électrique. Une pince ampèremétrique posée sur le câble de phase mesure en permanence ce qui entre et ce qui sort. Dès qu’elle détecte que du courant part vers le réseau — c’est-à-dire dès que vous êtes en surplus — le routeur redirige ce courant vers la résistance de votre ballon d’eau chaude.

Le détail qui compte : la modulation. Les bons routeurs ne fonctionnent pas en tout-ou-rien. Si vous avez 600 W de surplus, ils envoient 600 W dans la résistance, sans rien tirer du réseau. Les modèles à seuil, eux, attendent d’avoir assez de surplus pour tout déclencher — et perdent le reste. À l’achat, c’est le premier critère à vérifier.

Pourquoi le ballon d’eau chaude et pas autre chose ? Parce que c’est le seul gros consommateur de la maison qui stocke. Un ballon, c’est une batterie thermique que vous avez déjà payée. Elle chauffe l’après-midi, vous vous douchez le soir. Aucun équipement supplémentaire, aucune usure de cellules lithium, aucun problème de recyclage.

Combien ça rapporte vraiment

Ne prenez pas les chiffres des vendeurs, faites le calcul — et prenez le bas des fourchettes.

Chaque kWh d’eau chaude que vous solarisez vous rapporte la différence entre ce que vous auriez payé et ce que vous auriez touché en le vendant : 0,194 − 0,011 = 0,183 €.

Une famille de quatre avec un ballon de 200 litres consomme, en ordre de grandeur, 2 000 à 3 000 kWh par an pour son eau chaude. Reste la vraie inconnue : quelle part de cette consommation un routeur peut-il réellement solariser ? Les estimations du secteur vont de 50 à 80 %. Elles émanent presque toutes d’acteurs qui vendent des routeurs — nous retenons donc le bas de la fourchette, autour de la moitié des besoins annuels.

Pourquoi si prudent ? À cause de la saisonnalité, systématiquement passée sous silence. En juillet, votre ballon sera chauffé au soleil presque tous les jours. En décembre, votre production de l’après-midi ne chauffera pas grand-chose, et c’est précisément la saison où l’eau froide arrive le plus froide. La moyenne annuelle est tirée vers le bas par l’hiver, pas par l’été.

Résultat, avec des hypothèses défendables : entre 200 et 300 € par an, pour un équipement qui coûte 300 à 500 € et une à deux heures d’électricien. Amorti en deux à trois ans, et il n’a rien à faire ensuite que fonctionner.

Deux nuances d’honnêteté :

Si votre ballon tourne déjà en heures creuses, vous ne remplacez pas du kWh à 0,194 € mais du kWh au tarif heures creuses (0,1579 €), plus bas. L’économie réelle descend alors vers le bas de la fourchette, voire en dessous. C’est le cas le plus fréquent, et personne ne le mentionne. Et si ces heures creuses basculent l’après-midi — c’est en cours pour 11 millions de foyers jusqu’en octobre 2027 — votre ballon chauffera déjà en partie sur votre production, sans routeur : nous détaillons ce que ça change, et ce qu’il reste au routeur, dans notre article sur les heures creuses de l’après-midi.

Sur l’usure, soyons mesurés : moduler la puissance envoyée à une résistance la sollicite différemment d’un fonctionnement en tout-ou-rien. Certains acteurs du secteur évoquent un risque d’usure prématurée à long terme. Nous n’avons pas trouvé d’étude indépendante qui tranche. Retenez que le point existe, sans en faire un argument dans un sens ou dans l’autre.

Les incompatibilités que personne ne vous annonce

C’est ici que ça devient intéressant. Le routeur solaire est présenté partout comme une solution universelle. Il ne l’est pas. Avant d’acheter, vérifiez ces quatre points — dans cet ordre.

Votre chauffe-eau est-il thermodynamique ? Les fabricants de routeurs excluent eux-mêmes le chauffe-eau thermodynamique de leurs listes de compatibilité. L’explication est simple : un thermodynamique ne chauffe pas avec une résistance mais avec une pompe à chaleur et un compresseur, et on ne module pas la puissance d’un compresseur comme celle d’une résistance. Vérifiez la notice de votre appareil et celle du routeur avant tout achat — le pilotage d’un thermodynamique passe par d’autres moyens (voir la section suivante).

Votre ballon a-t-il une carte ACI ? Les ballons équipés d’une protection ACI — courants chez Atlantic, entre autres — embarquent une électronique qui s’accommode mal du signal découpé d’un routeur. Plusieurs vendeurs annoncent explicitement l’incompatibilité. Certains fabricants proposent désormais des versions compatibles électronique : vérifiez la fiche technique, pas la promesse commerciale.

Êtes-vous en triphasé ? Là, tout dépend du modèle. Une partie du marché ne gère que le monophasé et l’indique clairement. D’autres routeurs gèrent le triphasé et savent équilibrer les phases. C’est un critère éliminatoire à poser dès la première question, avant même le prix.

Le modèle est-il conforme ? Le point le plus sérieux. Un routeur se câble sur du 230 V dans votre tableau électrique. Tous les boîtiers en vente en ligne ne respectent pas la certification CE ni la norme NF C 15-100. Un routeur à 60 € importé sans documentation n’est pas une bonne affaire : c’est un risque électrique dans votre tableau, et probablement un problème avec votre assurance en cas de sinistre.

Sur le fait-maison, soyons directs, puisque beaucoup de gens le cherchent : oui, la communauté du Forum photovoltaïque a documenté des montages open source qui fonctionnent, pour moins de 100 €. Si vous êtes à l’aise avec un fer à souder et que vous comprenez ce que vous câblez, c’est une option réelle et honnête. Si vous ne l’êtes pas, l’écart de 300 € entre le DIY et un modèle certifié posé par un électricien est le prix de votre tranquillité — et il reste amorti en trois ans.

Si votre installation est récente (depuis fin 2025), vérifiez avant d’acheter

Voici le point que presque personne ne mentionne, et il peut vous économiser 500 €.

Depuis le 1er octobre 2025, pour bénéficier de la TVA à 5,5 %, une installation photovoltaïque (≤ 9 kWc) doit obligatoirement intégrer un système gestionnaire d’énergie (EMS). Et la définition réglementaire est précise : il doit collecter en temps réel les données de production et de consommation, et piloter les équipements pour maximiser la consommation sur le lieu de production.

Traduisez : si votre installation a été posée depuis octobre 2025 avec la TVA réduite, vous avez déjà, dans votre tableau, un appareil censé faire ce qu’un routeur ferait. Peut-être qu’il pilote déjà votre ballon. Peut-être que personne ne vous l’a configuré.

Avant d’acheter un routeur, appelez votre installateur et demandez-lui ce que votre EMS pilote réellement. La réponse est parfois « rien pour l’instant ». C’est gratuit à corriger.

Ce raisonnement ne vaut évidemment pas pour les installations antérieures, qui représentent l’immense majorité du parc : là, le routeur reste la meilleure décision disponible.

Ballon classique ou thermodynamique : le calcul n’est pas le même

La question revient constamment, et la réponse est contre-intuitive.

Un ballon classique à résistance consomme beaucoup — de l’ordre de trois fois plus qu’un thermodynamique pour la même eau chaude. C’est précisément ce qui en fait la cible idéale d’un routeur : il y a beaucoup à récupérer, et la résistance avale n’importe quelle puissance, même 400 W un jour couvert.

Un chauffe-eau thermodynamique consomme nettement moins. Excellent en soi — mais du coup, le gisement d’économies est bien plus petit. Et comme il est exclu du routage classique, la seule chose à faire est de décaler ses heures de marche en pleine journée, par une simple horloge ou son propre pilotage, pour qu’il tourne quand le soleil donne. C’est gratuit, ça ne demande aucun matériel, et ça capte l’essentiel du gain disponible.

Le résumé honnête : si vous avez un ballon classique, le routeur est votre meilleur investissement de l’année. Si vous avez un thermodynamique, reprogrammez-le sur l’après-midi et passez à autre chose.

Et non, remplacer un thermodynamique par un ballon classique pour pouvoir router n’a aucun sens : vous détruiriez plus d’économies que vous n’en créeriez.

Recharger sa voiture au surplus : attention au seuil de 1,4 kW

Sur le papier, c’est le rêve : rouler au soleil. En pratique, il y a un mur technique qu’aucun commercial ne vous expliquera, parce qu’il n’est pas contournable.

Un véhicule électrique refuse de démarrer une charge en dessous de 1,4 kW (6 ampères par phase). Ce n’est pas un réglage : c’est la norme de charge. En triphasé, le plancher monte à 4,14 kW.

Conséquence directe : en monophasé, il vous faut au minimum 1,4 kW de surplus disponible en continu pour que la voiture accepte de charger. En triphasé, plus de 4 kW — autant dire les belles journées d’été uniquement. Et si un nuage passe, une borne mal pilotée fait du yo-yo : elle coupe, redémarre, coupe encore, et certains véhicules finissent par se mettre en défaut.

La solution existe, mais elle a un nom précis : une borne pilotable dynamiquement, capable de moduler son intensité en temps réel selon le surplus mesuré, via un protocole de pilotage local. Ces bornes proposent en général un mode « 100 % solaire » (charge seulement sur surplus) et un mode hybride (surplus + complément réseau). Comptez 800 à 1 500 € pour une borne installée par un professionnel IRVE, davantage pour les modèles à pilotage solaire fin.

Deux points à connaître avant de vous lancer :

  • Le crédit d’impôt pour l’installation d’une borne à domicile n’a pas été reconduit en 2026 : il a pris fin le 31 décembre 2025. Si on vous l’annonce encore, c’est un signal.
  • En triphasé, très peu de bornes savent basculer en monophasé quand le surplus descend sous 4,1 kW. C’est pourtant la fonction qui rend la charge solaire utilisable la moitié de l’année. Posez la question explicitement.

Le verdict : recharger au surplus est rentable si vous avez déjà une voiture électrique et une installation suffisamment puissante. Ce n’est pas une raison d’acheter une voiture, et rarement une raison d’agrandir son installation. Si votre projet inclut une place de stationnement à couvrir, le sujet à regarder n’est pas la borne seule mais le carport solaire, qui produit et abrite au même endroit.

La batterie : quand ça vaut le coup, quand non

Depuis la réforme, la batterie est présentée comme la solution évidente. Prenons les chiffres.

Une batterie domestique coûte 600 à 1 000 € par kWh installé. Pour un modèle de 10 kWh — le format courant sur une maison de 6 kWc — comptez 6 000 à 10 000 €, TVA à 20 %, pose comprise. Sur cette configuration, elle fait passer l’autoconsommation d’environ 60 % à 90 % et rapporte de l’ordre de 390 € par an.

Divisez : entre 15 et 25 ans de retour sur investissement. À comparer à la durée de vie attendue du matériel et à la durée des garanties constructeur, qui se comptent plutôt en une dizaine d’années.

Soyons précis sur la comparaison avec le routeur, parce qu’elle est souvent maquillée — y compris en notre faveur. Les deux ne font pas la même chose. Le routeur ne couvre que l’eau chaude et s’arrête quand le ballon est chaud : son gain est plafonné. La batterie couvre tous vos usages du soir : son gain est plus large. Comparer leurs rendements bruts n’aurait pas de sens.

Ce qui a du sens, c’est de comparer ce que chaque euro investi vous rend : environ 200 à 300 € par an pour 400 € de routeur ; environ 390 € par an pour 8 000 € de batterie. Le routeur s’amortit en deux à trois ans, la batterie en quinze à vingt-cinq. L’écart reste massif, même une fois la nuance posée.

Et il y a un effet que personne ne signale : les deux se cannibalisent. Si vous installez un routeur, votre surplus diminue mécaniquement — c’est le but. Donc la batterie qui viendrait après aurait moins à stocker, et son rendement économique baisserait encore. L’ordre compte : le routeur capte les kWh les plus faciles, la batterie ne récupère que les plus chers à capter.

Cela dit, la batterie a un vrai intérêt dans certains cas : autonomie recherchée, coupures fréquentes, très gros surplus structurel, tarification dynamique. Ces cas se choisissent en connaissance de cause — pas parce qu’un commercial a agité la fin de la revente. Le détail du raisonnement est dans le calcul complet d’une batterie de stockage.

Le piège fiscal à 1 600 €

Celui-là mérite d’être connu avant de signer, parce qu’il ne se rattrape pas.

La doctrine fiscale est explicite : la batterie n’est pas considérée comme un accessoire des panneaux et relève du taux normal de 20 %. Jusque-là, rien de dramatique — c’est le prix à payer, connu d’avance. Le problème est ailleurs : si les panneaux et la batterie figurent dans une seule et même prestation, c’est l’ensemble de l’opération qui bascule à 20 % — panneaux compris.

Prenons un projet de 14 000 € : 11 000 € de panneaux, pose et gestionnaire d’énergie, plus 3 000 € de batterie.

  • En deux projets distincts : 605 € de TVA sur les panneaux (5,5 %) + 600 € sur la batterie (20 %) = 1 205 €.
  • En une prestation unique : la batterie contamine le tout, 14 000 € à 20 % = 2 800 €.

Écart : environ 1 600 €. Pour une batterie ajoutée « en option » sur le devis.

La facturation séparée est admise, mais seulement si elle correspond à une réalité économique : devis distincts, dates différentes, intention d’achat réellement dissociée. Un découpage artificiel destiné à contourner la règle expose à un redressement. Autrement dit : si vous voulez une batterie, achetez-la comme un projet à part, plus tard — et sachez que c’est aussi ce que vous conseillerait n’importe quel fiscaliste.

Dernier point : il n’existe aucune aide nationale pour les batteries domestiques en 2026. Ni TVA réduite, ni prime, ni crédit d’impôt. Si on vous en promet une, demandez la référence du texte. Le détail de ce qui existe vraiment est dans les aides réellement disponibles en 2026.

Faut-il quand même signer le contrat EDF OA ?

Question logique : si le surplus ne vaut plus rien, à quoi bon signer ?

Réponse honnête : oui, dans la plupart des cas — mais pour de mauvaises raisons. À 1,1 c€/kWh, le contrat ne rapporte quasiment rien. Sur 1 500 kWh injectés par an, on parle de 16 €. Ce n’est pas un revenu, c’est un arrondi.

Ce qu’il apporte : un cadre. Votre installation injecte de toute façon quand vous êtes absent, et le contrat encadre proprement cette injection sur 20 ans. Ce qu’il ne justifie plus, en revanche, c’est de dimensionner son installation pour vendre. C’est là que le raisonnement a changé : on ne construit plus un projet solaire autour de la revente, on le construit autour de ce que vous consommez vraiment. Le détail des conditions et de la procédure est dans notre guide sur le contrat de revente du surplus à EDF OA.


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    Dans quel ordre s’y prendre

    Si vous avez déjà des panneaux et que vous vous demandez par quoi commencer, l’ordre est le même pour presque tout le monde. Il va du gratuit au coûteux, et chaque étape réduit l’intérêt de la suivante — ce qui est une bonne nouvelle.

    1. Décalez ce qui peut l’être, gratuitement. Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, pompe de piscine, chauffe-eau thermodynamique : programmez-les entre 11 h et 16 h. Coût : zéro. C’est toujours le premier geste, et il est régulièrement plus rentable qu’un achat.
    2. Vérifiez ce que pilote votre EMS, si votre installation est récente. Il est peut-être déjà capable de faire le travail.
    3. Installez un routeur si vous avez un ballon d’eau chaude classique à résistance, compatible, et pas encore piloté. C’est le meilleur euro investi du solaire résidentiel aujourd’hui.
    4. Pilotez la recharge du véhicule si vous en avez un et si votre surplus dépasse régulièrement 1,4 kW.
    5. Envisagez une batterie seulement s’il reste un surplus significatif après tout ça, et pour une raison assumée : autonomie, coupures, tarification dynamique. Pas pour rentabiliser.

    Les questions que tout le monde se pose

    Un routeur solaire est-il compatible avec un chauffe-eau thermodynamique ?
    Les fabricants de routeurs excluent eux-mêmes le thermodynamique de leurs compatibilités : il chauffe avec un compresseur, pas avec une résistance, et la modulation de puissance ne s’y applique pas. Vérifiez la notice de vos deux appareils. La bonne solution consiste à décaler ses heures de marche en milieu de journée, ce qui ne coûte rien.

    Un routeur solaire fonctionne-t-il en triphasé ?
    Cela dépend du modèle. Une partie du marché est strictement monophasée, d’autres routeurs gèrent le triphasé et l’équilibrage des phases. C’est le premier critère à vérifier sur la fiche technique, avant le prix.

    Combien rapporte un routeur solaire par an ?
    De l’ordre de 200 à 300 € par an pour une famille de quatre avec un ballon classique, en retenant une hypothèse prudente de solarisation. Moins si votre ballon tourne déjà en heures creuses — et nettement moins si ces heures creuses sont passées l’après-midi, auquel cas il chauffe déjà en partie au soleil. Pour un équipement à 300-500 € posé, l’amortissement se situe autour de deux à trois ans.

    Peut-on installer un routeur solaire soi-même ?
    Techniquement oui, et des montages open source documentés existent pour moins de 100 €. Mais l’appareil se câble sur du 230 V dans votre tableau : la conformité CE et NF C 15-100 n’est pas un détail administratif, elle conditionne votre sécurité et votre couverture d’assurance. Si vous n’êtes pas électricien, faites poser.

    Faut-il choisir entre un routeur et une batterie ?
    Commencez par le routeur : il s’amortit en deux à trois ans quand une batterie demande quinze à vingt-cinq ans. Il réduit d’ailleurs le surplus disponible, donc l’intérêt d’une batterie posée après. La batterie se justifie pour l’autonomie ou face aux coupures, rarement pour la rentabilité seule.

    Peut-on faire de l’autoconsommation sans revente ?
    Oui. Vous pouvez consommer toute votre production sans signer de contrat de rachat — votre surplus est alors injecté gratuitement sur le réseau. Compte tenu du tarif actuel, l’enjeu financier est minime dans un sens comme dans l’autre : ce qui compte, c’est ce que vous consommez, pas ce que vous vendez.

    Le routeur solaire donne-t-il droit à une aide ?
    Non. Aucun dispositif national ne finance un routeur solaire, et MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque en général. C’est aussi pour cela qu’il est rentable : il ne dépend d’aucune subvention.

    En résumé

    Depuis le 5 juin 2026, votre surplus est racheté 1,1 c€/kWh quand votre kWh acheté en coûte 0,194 : un écart de 1 à 18 qui rend l’optimisation de l’autoconsommation incontournable.

    De toutes les réponses possibles, le routeur solaire est la plus rentable : 300 à 500 € pour 200 à 300 € par an, amorti en deux à trois ans — à condition d’avoir un ballon classique compatible, de vérifier le triphasé, la carte ACI et la conformité du modèle, et de s’assurer que votre EMS ne le fait pas déjà. La batterie est à l’autre extrême : 6 000 à 10 000 €, aucune aide, 15 à 25 ans de retour, et un surcoût de TVA d’environ 1 600 € si elle figure sur le même devis que vos panneaux.

    Le bon réflexe n’a pas changé, il s’est juste renforcé : consommez ce que vous produisez, avant de chercher à le stocker ou à le vendre.


    Calcul des économies du routeur : valeur d’un kWh d’eau chaude solarisé = prix du kWh acheté (0,194 € TTC, tarif réglementé Base 6 kVA, février 2026) moins le tarif de rachat du surplus perdu (0,011 €/kWh), soit 0,183 €. Consommation d’eau chaude retenue : 2 000 à 3 000 kWh/an pour un foyer de quatre personnes avec un ballon de 200 L — ordre de grandeur issu de sources sectorielles, à défaut d’un référentiel public consolidé. Taux de solarisation retenu : environ la moitié des besoins annuels. Les estimations disponibles vont de 50 à 80 %, mais elles proviennent majoritairement d’acteurs commercialisant des routeurs et intègrent mal la saisonnalité : nous retenons volontairement le bas de la fourchette. Ces montants sont des ordres de grandeur ; le résultat réel dépend de votre production, de vos horaires, de votre région et de votre contrat d’électricité.

    Le tarif réglementé évolue au 1er août 2026 (hausse d’environ 1 % TTC annoncée par la CRE, liée à l’évolution du TURPE). Tous les calculs de cet article seront actualisés dès la publication des barèmes définitifs.

    Sources officielles :

    • Tarif de rachat du surplus à 1,1 c€/kWh HT et suppression de la prime à l’autoconsommation : arrêté du 1er juin 2026 (tarif S21), applicable au 5 juin 2026.
    • Obligation d’un système gestionnaire d’énergie pour la TVA à 5,5 % (≤ 9 kWc), en vigueur au 1er octobre 2025 : art. 278-0 bis du CGI et arrêté du 8 septembre 2025.
    • TVA de la batterie et contamination du taux sur l’opération entière : BOFiP, BOI-TVA-LIQ-30-20-97 (publié le 22 octobre 2025).
    • Fin du crédit d’impôt borne de recharge au 31 décembre 2025 (art. 200 quater C du CGI) : service-public.fr.
    • Prix, fonctionnement et limites techniques des routeurs, incompatibilités (thermodynamique, carte ACI, triphasé), puissance minimale de charge d’un véhicule électrique : sources sectorielles (Ecojoko, Solu’Sun, Kano Energy, Forum photovoltaïque), à titre indicatif.
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