Publié le 13 juillet 2026 · Mis à jour le 1 août 2026
Agrivoltaïsme : produire de l’énergie sans sacrifier votre production agricole
L’agrivoltaïsme installe des panneaux solaires au-dessus de vos cultures ou de votre élevage, en gardant l’agriculture au premier plan. Encadré par la loi APER et le décret 2024-318, il ouvre un revenu complémentaire durable pour les exploitants et propriétaires fonciers.
- La production agricole reste prioritaire (encadrée par décret)
- Un revenu complémentaire via un loyer, sans investir vos fonds
- Protection des cultures et du bétail contre les aléas climatiques
Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme ?
L’article L.314-36 du code de l’énergie, issu de la loi APER du 10 mars 2023, définit une installation agrivoltaïque comme une installation photovoltaïque dont les modules sont situés sur une parcelle agricole et qui contribue durablement au maintien ou au développement de la production agricole.
Autrement dit : l’agriculture reste l’activité principale, et le solaire vient la servir — pas l’inverse. C’est ce qui distingue l’agrivoltaïsme du simple « photovoltaïque au sol », où les panneaux occupent un terrain sans finalité agricole.
Agrivoltaïsme ou photovoltaïque au sol ?
Agrivoltaïsme
- Production agricole maintenue et prioritaire
- Apporte un service à la parcelle (voir plus bas)
- Modules surélevés ou espacés pour laisser passer engins et lumière
- Réversible — retour à l’état agricole en fin de vie
Photovoltaïque au sol
- Le terrain n’a plus de finalité agricole significative
- Encadré par un document-cadre et les zones autorisées par arrêté préfectoral
- Règles d’implantation différentes (terrains incultes, dégradés…)
- Ne relève pas du régime agrivoltaïque
Source : décret n° 2024-318 du 8 avril 2024, code de l’énergie (art. L.314-36 et R.314-108 et suivants).
Les 4 services à l’agriculture
Pour être qualifiée d’agrivoltaïque, une installation doit apporter à la parcelle au moins l’un de ces quatre services, sans porter atteinte de façon significative à la production.
Amélioration du potentiel agronomique
Meilleure gestion de l’eau, réduction du stress hydrique, maintien de la qualité des sols et des rendements sur le long terme.
Adaptation au changement climatique
Ombrage partiel qui limite l’échaudage et l’évaporation lors des canicules, et atténue les écarts de température.
Protection contre les aléas
Bouclier contre la grêle, le gel, les fortes pluies, la sécheresse ou l’excès de rayonnement selon les cultures.
Amélioration du bien-être animal
Zones d’ombre et abri pour les troupeaux (ovins, bovins, volailles) contre la chaleur et les intempéries.
La production agricole reste prioritaire
L’installation ne doit pas porter une atteinte significative à la production : le décret encadre le maintien du rendement via une zone témoin de comparaison et des contrôles périodiques. Une baisse de rendement trop importante peut entraîner le retrait de la qualification agrivoltaïque.
Source : décret n° 2024-318 du 8 avril 2024.
Trois bénéfices concrets pour votre exploitation
Bien conçu, un projet agrivoltaïque renforce l’activité agricole au lieu de la concurrencer.
Protéger cultures et troupeaux
L’ombrage régule la température et l’humidité : moins de stress hydrique en été, protection contre la grêle et le gel, ombre pour le bétail. Dans certaines configurations, la production peut être sécurisée face aux aléas climatiques.
Un revenu complémentaire stable
En modèle tiers-investisseur, vous ne financez rien : le développeur porte l’investissement et vous percevez un loyer annuel garanti par un bail longue durée. Un revenu régulier qui sécurise la trésorerie, indépendant des aléas de récolte.
Valoriser durablement le foncier
La parcelle reste agricole et exploitée. En fin de contrat, l’installation est démantelée et le terrain rendu à son usage (réversibilité). Une diversification qui n’hypothèque pas l’avenir de l’exploitation.
Quels revenus, et comment ça marche ?
Trois façons de monter un projet. La plus courante : le tiers-investissement, où un développeur finance, installe et exploite les panneaux ; vous continuez votre activité agricole et percevez un loyer.
Investissement propre
Vous portez vous-même l’installation, seul ou via une société de projet. Vous conservez l’intégralité des revenus de production, mais assumez l’investissement, l’exploitation et la maintenance.
- Revenus de production conservés
- Fonds propres ou financement bancaire
- Maîtrise totale du projet
Tiers-investissement
Un développeur finance, installe et exploite les panneaux. Vous n’avancez rien et percevez un loyer : le modèle le plus répandu pour les exploitations.
- 0 € à avancer, aucune maintenance à votre charge
- Loyer indicatif de 1 000 à 4 000 €/ha/an
- Vous conservez votre activité agricole
Loyer & bail longue durée
Le revenu est sécurisé par un bail de 20 à 40 ans. Propriétaire et exploitant peuvent être distincts : la répartition se négocie entre les parties avant signature.
- Bail de 20 à 40 ans
- Revenu indépendant des aléas de récolte
- Répartition propriétaire / exploitant à définir
Comment l’électricité est-elle vendue ?
Les projets agrivoltaïques de taille significative sont généralement sélectionnés via les appels d’offres de la CRE (Commission de régulation de l’énergie), qui fixent un tarif d’achat sur le long terme. Ce régime est distinct du tarif résidentiel : il ne relève pas de l’obligation d’achat des petites installations.
Sources : CRE, ADEME. Montants de loyer : fourchettes de marché publiques, à titre indicatif.
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Ce que fixe le décret du 8 avril 2024
Le décret n° 2024-318 précise les conditions pour qu’une installation soit reconnue agrivoltaïque et protège la vocation agricole du terrain.
Production agricole maintenue
Le rendement de la parcelle est comparé à une zone témoin. Une baisse trop importante remet en cause la qualification agrivoltaïque.
Taux de couverture encadré
La part de la parcelle couverte par les panneaux est plafonnée, avec des règles spécifiques selon la technologie et le type d’installation, fixées par arrêté.
Réversibilité — 40 ans maximum
Les installations sont autorisées pour une durée maximale de 40 ans. Elles doivent être démontables, pour un retour du terrain à l’état agricole.
Contrôles périodiques
Contrôle avant la mise en service, puis à 6 ans, et ensuite régulièrement (rythme variable selon le type d’installation) pour vérifier le maintien de l’activité agricole.
Un cadre qui protège l’agriculteur
Ces règles visent à éviter que le solaire ne prenne le pas sur l’agriculture : la parcelle doit rester exploitée, le rendement suivi, et l’installation réversible. C’est ce qui distingue un vrai projet agrivoltaïque d’un projet purement photovoltaïque déguisé.
Source : décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 et arrêtés d’application.
Votre terrain se prête-t-il à l’agrivoltaïsme ?
Chaque projet est étudié au cas par cas. Ces repères donnent une première indication ; seule une étude confirme la faisabilité.
Souvent favorable
- Activité agricole en cours et pérenne (culture, élevage, viticulture, arboriculture…)
- Parcelles de taille suffisante et bien exposées
- Cultures ou élevage sensibles à la chaleur ou aux aléas (bénéficient de l’ombrage)
- Volonté de diversifier les revenus sans arrêter l’exploitation
À étudier de près
- Zones protégées ou à enjeux (patrimoine, biodiversité, urbanisme)
- Baux et statut du foncier (accord propriétaire / exploitant à formaliser)
- Raccordement électrique éloigné ou réseau saturé
- Compatibilité avec le document d’urbanisme local et le cadrage préfectoral
La qualification agrivoltaïque et l’autorisation dépendent de critères réglementaires précis (décret 2024-318) et de l’instruction locale.
Les grandes étapes d’un projet agrivoltaïque
Un projet agrivoltaïque se construit dans la durée. Le développeur porte l’essentiel des démarches ; l’agriculteur garde la maîtrise de son activité.
Étude de faisabilité
Analyse du terrain, de l’activité agricole, de l’ensoleillement et du raccordement. Définition du dispositif adapté à votre culture ou votre élevage.
Accord foncier et bail
Formalisation entre propriétaire, exploitant et développeur : répartition des revenus, durée du bail, engagements sur le maintien de la production.
Autorisations et appel d’offres
Instruction de l’autorisation d’urbanisme et, pour les projets de taille significative, candidature aux appels d’offres de la CRE qui sécurisent le tarif de vente.
Construction, raccordement, suivi
Installation des structures, raccordement au réseau, mise en service. L’activité agricole reprend sous les panneaux, avec le suivi de rendement prévu par le décret.
Cadrez votre projet agrivoltaïque
Surface, éligibilité (loi APER, décret 2024-318) et piste agrivoltaïsme ou centrale au sol — sans démarchage.
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- Obligation et échéances vérifiées au Journal officiel
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Questions fréquentes sur l’agrivoltaïsme
Une installation photovoltaïque située sur une parcelle agricole qui contribue durablement au maintien ou au développement de la production agricole (art. L.314-36 du code de l’énergie). Concrètement, les panneaux sont surélevés ou espacés pour laisser passer les engins et la lumière, et l’agriculture reste l’activité principale. Source : décret n° 2024-318 du 8 avril 2024.
Le photovoltaïque au sol occupe un terrain sans finalité agricole : le solaire est l’usage principal. L’agrivoltaïsme, lui, doit servir la parcelle agricole (ombrage, protection, bien-être animal…) et maintenir la production. Les deux régimes ont des règles d’implantation différentes.
Oui, c’est même la condition. Le décret impose le maintien de la production agricole, vérifié en comparant le rendement de la parcelle à une zone témoin, avec des contrôles périodiques. Une baisse trop importante remet en cause la qualification agrivoltaïque.
En modèle tiers-investisseur, l’exploitant ou le propriétaire perçoit un loyer annuel par hectare. Selon les projets et les sources publiques, il se situe généralement de l’ordre de 1 000 à 4 000 €/ha/an. Il s’agit d’une fourchette de marché indicative : le montant réel dépend du terrain, de la technologie et du contrat.
Le plus souvent, non. Dans le modèle tiers-investisseur, un développeur finance, installe et entretient les panneaux ; vous n’engagez pas de fonds propres et percevez un loyer. D’autres montages (investissement propre, société de projet) existent selon les cas.
Le revenu est sécurisé par un bail longue durée, généralement de 20 à 40 ans. Les installations sont autorisées pour une durée maximale de 40 ans et doivent être réversibles : en fin de vie, le terrain revient à son usage agricole.
L’éligibilité dépend de votre activité agricole, de la parcelle, de l’urbanisme local et du raccordement. Seule une étude le confirme. Vous pouvez faire évaluer gratuitement votre projet ci-dessus : un conseiller le qualifie et vous oriente vers un développeur vérifié de votre secteur.
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